Pour la plupart d’entre nous, le bruit au travail est souvent associé à des secteurs industriels tels que le BTP ou l’industrie automobile par exemple. S’il est vrai que les nuisances sonores professionnelles sont le lot quotidien des employés de ces industries, elles n’en ont malheureusement pas le monopole. Le bruit sur le lieu de travail est bel et bien un phénomène qui touche bien d’autres professions. La pollution sonore existe aussi dans le secteur tertiaire et de nombreux salariés sont exposés au bruit dans leur milieu professionnel.

Que dit le Code du travail à propos du bruit sur le lieu de travail ?

Bruit sur le lieu de travail

En matière de prévention, d’information et d’obligation pour agir sur la nocivité du bruit au travail, le Code du travail est assez précis sur les actions à mener.

Un cadre réglementaire de prévention et d’action contre les nuisances sonores en milieu professionnel

La prévention de l’exposition au bruit

Le bruit sur le lieu de travail est une problématique qui s’inscrit dans le cadre des risques en milieu professionnel, au même titre que les risques psychosociaux. La prévention des risques professionnels fait l’objet d’un article spécifique dans le Code du travail. À ce titre, un employeur a pour obligation de prévenir au maximum les risques encourus par ses salariés. Pour cela, il doit mettre en place plusieurs actions de prévention telles que :

  • L’évaluation du niveau sonore ;
  • La recherche précise de la source des bruits afin de les éviter au maximum ;
  • L’information et la formation aux salariés ;
  • La prise de mesures de protection collective et de protection individuelle.

Prévention de l'exposition au bruit

Les obligations légales

Afin de réduire l’impact négatif du bruit au travail, la réglementation est précise et repose sur trois actions principales :

  • Agir sur l’environnement de travail : fabriquer des machines plus silencieuses, engager des actions pour réduire au maximum le bruit des machines déjà existantes ;
  • Prendre en compte la problématique du confort acoustique dans la construction ou la rénovation des locaux professionnels ;
  • Utiliser les locaux de manière adaptée et faire en sorte que le bruit y soit le plus atténué possible ;
  • Informer les salariés sur leur droit à utiliser et à choisir des protections auditives individuelles.

Les horaires réglementaires pour le bruit en entreprise

Le bruit fait partie des nuisances les plus contestées, que ce soit en entreprise ou dans la vie courante. Comme pour tout autre type de nuisance, la pollution sonore est soumise à une réglementation officielle particulière concernant les horaires acceptables. Ainsi, toute entreprise est tenue de limiter ses émissions de bruit de 7 h à 22 h, tous les jours de la semaine. Le bruit est en revanche strictement interdit la nuit, le dimanche et les jours fériés.

Bon à savoir : il existe des réglementations locales qui peuvent s’appliquer à certaines entreprises. Pour connaître les arrêtés préfectoraux spécifiques, adressez-vous à la Mairie ou à la Préfecture de votre lieu de travail.

L’échelle du bruit par l’INRS

Echelle du seuil de tolérance au bruit en fonction des décibels émis

Selon l’INRS (Institut National de Recherche et Sécurité), le seuil de tolérance du bruit pour une exposition d’une durée de 8 heures de travail par jour est fixé à 80 décibels. Au-delà de ce seuil, la santé auditive est considérée comme en danger. À partir de 130 décibels, toute exposition au bruit, même de courte durée, est estimée comme extrêmement nocive. La conséquence la plus grave de l’exposition abusive aux nuisances sonores en milieu professionnel est la surdité irréversible. Cette pathologie est alors considérée comme une maladie professionnelle.

Quelles sont les industries les plus concernées par les nuisances sonores au travail ?

Le bruit au travail dans le secteur automobile

L’industrie automobile est un secteur manufacturier très vaste comportant de nombreux métiers différents. Les risques professionnels y sont donc considérables, particulièrement sur le plan des nuisances sonores. Des actions telles que l’usinage des métaux, l’emboutissage des tôles, le forgeage ou toutes les activités de carrosserie, de montage de châssis ou d’assemblage sont génératrices de bruits dangereux pour la santé auditive. Les employés de ce secteur doivent impérativement porter des protections auditives adaptées qui doivent leur être fournies par leur employeur.

Les nuisances sonores dans le milieu du BTP

Le bruit est une composante indissociable du secteur du bâtiment et travaux publics. En effet, sur les chantiers ou dans les ateliers, l’utilisation de machines et d’outils bruyants est inévitable. Meuleuse, marteau-piqueur, scies, bétonnières, véhicules de chantier : les occasions d’être exposé à un niveau sonore élevé dans le secteur du BTP sont aussi diverses que nombreuses. Afin de limiter les répercussions sur l’ouïe, il est indispensable de se munir de protections auditives. Casque antibruit, bouchons d’oreille sur mesure, barrière acoustique : les dispositifs de protection sont nombreux et efficaces s’ils sont utilisés à bon escient.

L’exposition au bruit dans le secteur de la métallurgie

Saviez-vous que le niveau sonore moyen dans un atelier de métallurgie et de 95 dB ? C’est donc 15 dB au-dessus du niveau réglementaire de 80 dB. À titre de comparaison, 95 dB correspond peu ou prou au niveau sonore d’une sirène d’ambulance. De plus, dans le secteur de la métallurgie, l’environnement bruyant est constitué la plupart du temps de sons aigus. Or, il s’avère que les sons aigus sont plus dangereux pour la santé auditive que les sons graves. Ainsi, comme pour les secteurs industriels précédemment cités, le port de protections auditives est fortement recommandé, voire obligatoire.

Les risques sonores dans l’industrie agroalimentaire

Le secteur agroalimentaire est également très concerné par la problématique du bruit sur le lieu de travail. La pollution sonore dans l’industrie agroalimentaire est principalement générée par l’utilisation de nombreuses machines spécifiques liées à la fabrication, la découpe ou encore le conditionnement des produits alimentaires. En subissant quotidiennement des nuisances sonores, les employés de l’industrie agroalimentaire sont particulièrement exposés au risque de surdité à long terme. Munir les employés de ce secteur de protections auditives est non seulement une obligation pour leur santé, mais également un moyen d’améliorer la productivité grâce à de meilleures conditions de travail.

Le secteur tertiaire est-il concerné par le bruit au travail ?

La pollution sonore en milieu professionnel n’est pas exclusivement réservée aux industries réputées pour leur activité bruyante. L’exposition au bruit concerne également les personnes exerçant un emploi dans le secteur tertiaire. Plus que de pénibilité sonore liée directement à l’activité, on parle plutôt de gêne occasionnée par un environnement de travail bruyant dans le secteur tertiaire. Cependant, ces situations ne sont pas à prendre à la légère et elles peuvent, à terme, engendrer des processus physiologiques et psychologiques aboutissant à un véritable mal-être. La multiplication des bureaux en « open space » (60 % des espaces de travail en France) favorise par ailleurs l’augmentation du phénomène de gêne sonore au travail. La permanence d’un niveau sonore trop élevé finit par affecter durablement les employés de bureau. Fatigue, stress, difficultés de concentration : les conséquences du bruit au bureau sont réelles tant sur la santé des personnes qui y travaillent que sur la productivité, la qualité de vie et l’image de marque de l’entreprise.

Quelle est la meilleure façon de se protéger du bruit en milieu professionnel ?

En fonction de la nature du bruit sur le lieu de travail, il existe plusieurs façons de se protéger efficacement. Dans les différents secteurs industriels particulièrement bruyants, les protections auditives individuelles sont essentielles. L’idéal est de fournir des bouchons auditifs réalisés sur mesure pour une efficacité optimale. En effet, les bouchons auditifs sur mesure sont fabriqués à partir du moulage du conduit auditif et peuvent ainsi être portés sans gêne ni douleur. De plus, ils présentent l’immense avantage de ne pas isoler l’utilisateur du reste de son environnement extérieur. Les bouchons moulés sur mesure préservent des bruits néfastes tout en permettant de continuer à communiquer normalement avec les personnes qui nous entourent. C’est tout d’abord une question de confort, mais aussi de sécurité. Un isolement auditif total engendre une perception erronée de l’environnement sonore : cela peut être à l’origine de graves accidents.

 

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