L'exposition régulière au bruit est la deuxième cause de pertes auditives en France, après le vieillissement. Les salariés qui travaillent dans des environnements sonores élevés deviendront sourds s'ils ne portent pas de protection auditive au quotidien.

Connaissent-ils réellement les conséquences du bruit ? Avez-vous déjà échangé avec eux sur les enjeux de la protection de leur audition ?

Nous vivons dans des environnements de plus en plus bruyants

Au cours des 15 dernières années, la proportion de salariés exposés à des bruits nocifs a fortement augmenté en France comme en Europe. De plus en plus de secteurs d'activité sont touchés, même si la construction et l'industrie restent les premiers impactés. Tour d'horizon :

Infographie bruit au travail france et europe

Le coût social du bruit au travail

En juin 2016, le Conseil National du Bruit et l’ADEME ont présenté une Etude sur le coût social des pollutions sonores. Elle se compose de trois axes de recherche : le coût social du bruit des transports, du bruit au travail et enfin du bruit de voisinage.
La synthèse chiffre à 57 milliards d’euros par an le coût social du bruit en France dont 19.2 milliards pour le bruit en milieu professionnel.

femme souffrant du bruit au travail

Surdité professionnelle et accidents du travail

Le premier impact direct et mesurable du bruit au travail est le nombre de surdités professionnelles reconnues chaque année. Pour rappel, en 2015, 799 nouveaux cas ont été recensés. L’étude du CNB estime le coût social de la surdité professionnelle à 85 millions d’euros par an.
Le deuxième impact est le nombre d’accidents du travail liés au bruit (masquage des signaux d’alerte, détournement d’attention). Leur coût social est estimé à 1.1 milliards d’euros par an.

Pertes de productivité liées à la fatigue auditive

Le bruit au travail a un impact non négligeable sur la fatigue nerveuse et/ou physique. Pour rappel, 58% des salariés en France se disent exposés au bruit (étude Malakoff Médéric). Parmi eux 80% déclarent avoir un travail nerveusement fatigant et 72% déclarent avoir un travail physiquement fatigant. On peut donc affirmer que le bruit au travail est une source de gêne et de perturbation qui affecte la productivité. L’estimation fournie dans l’étude est indicative car aucune recherche n’est encore parvenue à quantifier l’impact économique final. A partir d’une hypothèse de 5 journées de travail perdues par an pour un salarié, la perte de productivité en France, dans le secteur tertiaire, serait de l’ordre de 18 milliards d’euros.

Les conséquences du bruit au travail

Sauf dans des cas d'expositions à des intensités extrêmes, la surdité met du temps à s'installer et impacte l'organisme et la vie de tous les jours.

Les impacts sur le corps humain

Le bruit n'est pas uniquement nocif pour les oreilles et peut avoir des répercussions sur l'ensemble du corps :

Le bruit a des conséquences sur tout l'organisme

Les impacts sur la vie sociale et familiale

La perte auditive dans la sphère sociale se traduit par :

  • Le sentiment que les gens n'articulent pas quand ils vous parlent lors d'une réunion
  • Des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant comme un repas de famille
  • Le fait que l'on vous répète souvent que la radio ou la télévision est trop forte

Tous ces éléments ont un impact négatif sur la vie et provoquent l'isolement, car les efforts à fournir pour comprendre une conversation ou pour communiquer sont énormes. Les bruits ambiants constituent une gêne, créent de la nervosité et provoquent un repli sur soi qui s'accentue avec l'âge.

Comment combattre le bruit dans votre entreprise ?

Evaluer les risques

Evaluer les niveaux sonores est un point-clé dans la lutte contre la surdité professionnelle dans votre entreprise. Sans cette évaluation, il est impossible d'identifier les postes à risque ni les employés les plus exposés, rendant vos actions contre le bruit difficiles à mener.

Pourquoi évaluer le bruit

Evaluer le bruit dans votre entreprise est primordial pour deux raisons :

Identifier les postes de travail dont le niveau de bruit est supérieur à 80 dB(A)

Cette évaluation vous donne un aperçu de la situation dans vos ateliers : qui protéger, pendant combien de temps et avec quel type de PICB.

Préciser la nature des actions à mener pour chaque salarié exposé

L'exposition des travailleurs est réglementée par le code du travail (articles R4431 et R4437). Evaluer les niveaux de bruit vous permet d'identifier la nature des actions à mettre en place auprès des salariés exposés :

  • A partir de 80 dB(A) d'exposition quotidienne, des PICB doivent être mis à disposition de vos salariés
  • A partir de 85 dB(A), l'utilisation de PICB est obligatoire
  • A partir de 87 dB(A) après atténuation des PICB, la valeur limite d'exposition (VLE) est atteinte et ne doit en aucun cas être dépassée

Comment évaluer le bruit ?

Evaluer les niveaux de bruit peut se faire de quatre manières différentes :

Le mesurage ponctuel

Le sonomètre est utilisé pour des mesures ponctuelles quand le niveau de bruit est uniforme. Il mesure le niveau de pression acoustique à un moment donné dans un endroit particulier. La personne qui prend les mesures tient le sonomètre à bout de bras, à la hauteur des oreilles de ceux qui sont exposés au bruit.

Homme se servant d'un sonomètre pour mesurer le bruit

Le mesurage en continu sur 8 heures

Le dosimètre est l'instrument le plus précis pour mesurer l'exposition de vos salariés au bruit. C'est un appareil léger qui se porte à la ceinture. Il est relié à un microphone qui s'attache au col près de l'oreille du porteur et qui enregistre les niveaux sonores, dont il calcule la moyenne. Il est très utile dans un milieu où la durée et l'intensité des bruits varient et où le travailleur se déplace.

La cartographie

La cartographie est une représentation graphique des niveaux sonores dans l'espace de travail. Elle permet de visualiser l'exposition moyenne au bruit ambiant et d'en connaître sa source, son intensité et sa nature.

Le Document Unique

Le Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) est un instrument légal qui répertorie et évalue l'ensemble des risques professionnels auxquels sont exposés vos salariés, dont le bruit.

Prendre des mesures contre le bruit au travail

Trois types de mesures peuvent être mises en place pour réduire au maximum les dangers du bruit au travail pour vos salariés :

Réduire le bruit à la source

La réduction du bruit à la source est la première mesure à envisager car elle permet de protéger tous vos salariés en même temps. Une méthode efficace consiste par exemple à encoffrer une machine trop bruyante. En revanche, réduire le bruit à la source peut se révéler coûteux, voir impossible du fait de la structure d'un bâtiment ou d'un atelier. Dans ce cas, la meilleure méthode consiste à protéger individuellement vos salariés.

Utiliser des PICB

Qu'il s'agisse de casques, de bouchons jetables, ou de bouchons d'oreilles moulés, fournir à vos salariés des Protecteurs Individuels Contre le Bruit est essentiel pour préserver leur audition.

Lire également "Quel PICB est le mieux adapté à vos besoins ?".

Sensibiliser les salariés

Parce qu'une protection n'est efficace que si elle est portée, il est primordial de sensibiliser vos salariés à l'importance de protéger leur audition 100% du temps d'exposition au bruit. Vous pourrez ainsi lutter contre certaines idées reçues qui font que les protecteurs auditifs ne sont pas portés :

 

 

Mettre en place une culture de la sécurité

En faisant comprendre à vos salariés le danger que représente le bruit dans leur travail, il est possible d'instaurer une culture sécurité. En prenant des résolutions claires et en vous y tenant, les actions de prévention que vous mettez en place deviennent un réflexe pour votre entreprise.

 

 

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