Certaines professions sont plus ou moins exposées aux bruits.
Selon le secteur d’activité, l’environnement professionnel peut parfois se transformer en souffrance auditive pour les salariés.
Tout responsable de la sécurité et de l’hygiène (QHSE) en entreprise doit être en mesure d’éviter la surdité de ses salariés et ainsi connaitre les bruits et leurs potentiels de dangerosité.
Alors que la semaine de la santé auditive au travail s’est déroulée la semaine dernière voici un focus sur les différents types de bruits existants et notamment dans un environnement professionnel.

Les niveaux de bruit pour lesquels il est conseillé de protéger son audition

Son ou bruit ?

Il est difficile de différencier un son d’un bruit et pour cause la nuance est assez légère !

Est qualifié de son les vibrations de l'air qui se propagent sous la forme d’ondes acoustiques.

Deux axes de mesures :

  • L’amplitude, mesurée en décibel (dB)
  • La fréquence, exprimée en Hertz (Hz)
  • Vibrations rapides = fréquence élevée = son aigu
  • Vibrations lentes = fréquence faible = son grave

Le bruit se définit comme un son indésirable.
Il peut être agréable ou gênant en fonction de son intensité et du type d’exposition. Cette perception peut aussi varier selon la sensibilité de la personne.

A partir d’un certain seuil les sons peuvent être potentiellement gênants et dangereux, même les sons considérés ou vécus comme agréables.

Le niveau de bruit se mesure en décibels.
Pour prendre en compte le niveau réellement perçu par l'oreille, on utilise le décibel pondéré A, dont l'abréviation est dB(A).

  • 0 dB(A) = bruit le plus faible qu'une oreille (humaine) peut percevoir
  • 50 dB(A) = niveau habituel de conversation
  • 80 dB(A) = seuil de nocivité (pour une exposition de 8h/j)
  • 120 dB(A) = bruit provoquant une sensation douloureuse

Les niveaux de bruit où il est conseillé de protéger son audition

Les niveaux de bruit où il est obligatoire de protéger son audition

Différents types de bruits

En acoustique il existe une définition de bruits types, en voici quelques-uns qui peuvent correspondre à des situations professionnelles :

  • Bruit d’impact : Il s’agit d’un bruit qui provient d’un choc sur une paroi. Typiquement le bruit d’impact regroupe les bruits de pas, de déplacement de meubles, de chute d’objet, enfoncement d’un clou dans un mur…
  • Bruit aérien : On parle de propagation aérienne. Le bruit est propagé dans l’air tel que les bruits de voix, bruits de télévision…
  • Bruit solidien : On parle de propagation solidienne. Le bruit est propagé dans un solide. Exemple : bruit de chaufferie, d’ascenseur …
  • Bruit ambiant : On parle ici d’un niveau sonore des bruits environnants. Il se compose de l’ensemble des bruits émis par toutes les sources proches et éloignées.
  • Bruit de fond : Dans ce cas on parle d’un bruit existant en un point pendant une certaine durée tels que les bruits de ventilations, conversations, bruits de machines, de couloirs et bruits de circulation …
  • Bruit de route : Un bruit routier est un bruit normalisé. Il est une référence pour le bruit des trafics routiers et ferroviaires.

Classification des bruits

Qu’ils soient liés directement à des machines, provenant des salariés ou causés par une présence dans un environnement sonore, voici un type de classification que l’on peut retrouver dans diverses situations professionnelles :

  • Bruit routier
  • Bruit ferroviaire
  • Bruit aérien
  • Bruit des activités
  • Bruit des loisirs

La loi selon le type de bruit

Un cadre réglementaire, article L.4121-2 du code du travail, régit la prévention des risques professionnels.

Plus précisément, les règles de prévention des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs exposés au bruit sont déterminées par les articles R.4213-5 à 4213-6 et R.4431-1 à R.4437-4 du code du travail.

Voici les principales obligations des employeurs :

  1. Réduire le potentiel risque
  2. Faire une évaluation des risques potentiels
  3. Lutter directement sur les sources du risque
  4. Agir sur les conditions et l’organisation du travail
  5. Former et informer les salariés sur les risques et leur prévention
  6. Mettre en place des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle

Les règles de prévention s’articulent autour de 3 axes :

  • Agir sur l’environnement de travail
  • Évaluer les risques
  • Protéger les travailleurs exposés

Prévention du bruit au travail, comment protéger les travailleurs exposés

voir l'infographie en HD

Des décrets aujourd’hui permettent d’encadrer les bruits liés aux classifications de bruits citées ci-dessus.

Le bruit des transports terrestres

Deux articles *, article L 571-9 et article L 571-10 du code de l’environnement :

L’un portant sur tout projet neuf d’infrastructure routière ou ferroviaire et lors de la transformation significative d’une voie existante obligeant les maitres d’ouvrages d’infrastructure de mettre en place des protections (écrans antibruit, traitement de façades …),

L’autre introduisant le classement des infrastructures des transports terrestres en fonction de leurs caractéristiques acoustiques et de leurs trafics. Ceci dans un but d’atténuer les expositions à de forts niveaux de nuisances sonores lors de la construction d’un bâtiment.

Le bruit des activités bruyantes

L’article * L 571-6 du code de l’environnement prévoit la possibilité de soumettre les activités bruyantes à autorisation ou à des prescriptions particulières afin de réduire les nuisances sonores qu’elles occasionnent et de protéger les populations exposées aux bruits.

Ces dispositions sont à retrouver dans le décret du 15 décembre 1998 relatifs aux prescriptions applicables aux établissements ou locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée, à l’exclusion des salles dont l’activité est réservée à l’enseignement de la musique et de la danse.

Cette réglementation à un double but : protéger l’audition du public fréquentant ces établissements par la limitation du niveau sonore moyen à 105 dB(A) ; protéger le voisinage.

Le bruit des activités aériennes

Les articles * L 571-14 à L 571-16 du code de l’environnement ont instaurés aux voisinages des dix plus grands aéroports nationaux (Roissy, Orly, Nice, Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Strasbourg et Mulhouse), un dispositif d’aide financière à l’insonorisation des logements et des bâtiments publics sensibles situés dans les plans de gêne sonore (PGS) des aéroports.

* Les décrets mentionnés dans cet article de blog sont amenés à évoluer au 20 décembre 2018.

Évaluation des bruits

Les effets du bruit

Les effets du bruit sont divers et variés entrainant différents symptômes plus ou moins graves parfois même irréversibles.

Au-delà d’un risque de surdité, un environnement sonore élevé peut conduire à des états de stress intense mais aussi des troubles cardiovasculaires, des troubles du sommeil, une baisse de performance...

Le bruit favorise également les risques d’accidents du travail car il perturbe la communication verbale, masque les signaux d’alertes entres autres.

Conduite à tenir en cas d’exposition au bruit

En tout premier lieu, il faut rappeler qu’en cas de choc acoustique, le salarié doit immédiatement consulter un médecin ORL.

Lui seul pourra déterminer quelles sont les lésions et les suites à donner, notamment quant à la reprise du travail du salarié.

Mais, il est bien entendu incontournable, aujourd’hui, de mettre en place une démarche de prévention dans les entreprises :

  • Évaluer les risques est essentiel pour commencer à travailler sur une démarche de prévention, en effet elle permet à l’entreprise de définir les éléments importants et nécessaires pour assurer une protection aux salariés (audits, changements de procédés, etc.).
  • Réduire l’origine du bruit émanant des machines par exemple (protection collective), les différentes sources doivent être identifiées et corrigées si cela est possible.
  • Agir sur la propagation du son est un élément non négligeable permettant d’atténuer, voire de faire cesser une exposition au bruit trop forte (alternance des postes de travail, etc.).
  • Agir sur les équipements des salariés directement pour lutter contre le bruit avec des PICB tels que les bouchons d’oreille moulés.

Sources : INRS / bruit.fr / Delaunay-acoustique / cotral.fr

 

Echelles du bruit